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De Daniel Pennac, Gallimard, 2007

Klaquette anti-cancre

Essayer Pennac, ça a été l’adopter. J’ai dévoré mes premières lectures de lui : Au Bonheur des ogres, La Fée carabine, La Petite marchande de prose.

Les romans ont grossi et je m’essouflais. J’ai quand même apprécié Monsieur Malaussène ou Les Fruits de la passion. Mais je commençais à en avoir marre de sa saga familiale barrée qui tournait un peu en rond, de ses grands délires verbiaux blindés de bons mots et de formules percutantes, de ses scénarios qui en faisaient tellement trop que des fois, ça ne marchait plus si bien.

Aujourd’hui, ce qui m’agace chez lui fait partie du tableau, comme les petits défauts d’un proche. Et c’est comme ça que j’ai dévoré son dernier bouquin, Chagrin d’école. Il part de son vécu de très mauvais élève, y mélange son expérience de prof et en profite pour disserter tranquillou sur les cancres. Vus de l’intérieur, en somme.

J’y ai trouvé une conception intéressante des mauvais élèves, des anecdotes rigolotes, des métaphores qui font cogiter, malgré quelques apartés qui m’ont un peu saoulée. Mais pas tant que ça finalement, et elles passent d’autant mieux que les chapitres sont courts.

Je ne sais pas si il méritait plus le prix Renaudot que les candidats déçus. Il vaut en tout cas largement la peine d’être lu, ne serait-ce que par les enseignants, les parents, les futurs parents… Ce qui finit par faire du monde, en fait !

Je conseille au passage d’autres excellents bouquins du gars qui m’a fait aimer Belleville avant même d’y mettre la klaquette, qui est passé un jour sous le bois noir du Lap’ et dont tant de citations tombent tout juste : Des Chrétiens et des maures. Messieurs les enfants. Le Dictateur et le hamac, dans un autre genre. Encore sur un autre tableau, la BD La Débauche, avec Tardi. Ou les bouquins pour enfants Kamo .

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