Un film magnifique de Marcel Carné sur un scénario et des dialogues de Jacques Prévert tourné en 1938. On connait tous la célèbre réplique de Jean Gabin à Danielle Darrieux : "T'as de beaux yeux tu sais ?" Ou encore celle moins connue du même Gabin : "Forte tête, forte tête" lorsqu'il se cogne le front de dépis. Mais tout le film est basé sur de superbes dialogues populaires du genre de l'entre-deux-guerres.


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Les personnages peints par Prévert sont tous en quête de choses impossibles qu'ils n'obtiendront jamais, excépté peut-être, celui de l'artiste qui recherche la mort. Un film sombre comme vous l'avez compris mais tellement poétique où les "héros" (bien sûre le terme n'est pas adéquat) se croisent continuellement sans se voir.


Ce film constitue les débuts de l'association du cinéaste Marcel Carné avec le poète-scénariste-dialoguiste Jacques Prévert. Une association qui mènera au sommet du septième art avec des films comme LES VISITEURS DU SOIR mais surtout LES ENFANTS DU PARADIS, créant ainsi un genre à part entière qu'est le réalisme poétique où "petites gens" évoluent dans un monde allégorique.


Pour ce qui est de "l'affiche", Carné-Prévert ont toujours demandé à de grandes figures du cinéma français de jouer des rôles qui finalement ont tous une importance équilibrée dans leurs films.
Ainsi dans QUAI DES BRUMES nous pouvons retrouver Jean GABIN en déserteur, Danielle DARRIEUX en adolescente troublée, Michel SIMON en bourgeois visqueux et j'en passe comme l'alcoolique rêveur, l'artiste désabusé, le tenancier de bar nostalgique ou le petit malfrat pas si dur que ça...


Mon avis dans tout ça : si on ne l'a pas vu, il faut le trouver pour se plonger dans cet univers si sombre mais si beau...


A voir aussi le superbe LE JOUR SE LEVE tourné l'année suivante par les deux compères.

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Amicalement